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E.C.C.B., charpentier couvreur zingueur à Montalieu-Vercieu

Terrasse en bois : quelle essence choisir ?

Le choix de l'essence détermine le prix, l'entretien et l'aspect de votre terrasse dans dix ans. Comparatif sans langue de bois.

Pose d'une terrasse bois avec lambourdes sur plots réglables et premières lames vissées

Le choix de l'essence est la question qui revient à chaque devis de terrasse. C'est légitime : elle détermine le prix, l'entretien et l'aspect de votre terrasse dans dix ans. Mais c'est aussi, paradoxalement, le deuxième facteur de durabilité. Le premier, c'est la structure en dessous.

Commençons donc par là, puis passons au comparatif.

Pourquoi la structure compte plus que l'essence

Le bois ne pourrit pas à cause de la pluie. Il pourrit à cause de l'eau qui stagne et de l'humidité qui ne peut pas s'évacuer. C'est une nuance déterminante.

Une terrasse en pin autoclave posée sur plots réglables, avec une lame d'air ventilée dessous et un écartement suffisant entre les lames, tiendra plus longtemps qu'une terrasse en ipé posée à plat sur une dalle sans pente, où l'eau reste piégée entre le bois et le béton.

Les trois règles que je ne transige jamais :

  • Décoller le bois du sol : minimum 2 cm de lame d'air sous les lambourdes, davantage si possible.
  • Créer une pente : 1 à 1,5 % dans le sens de la longueur des lames, imperceptible à l'œil et à la marche, suffisante pour évacuer.
  • Espacer les lames : 5 à 8 mm selon l'essence et son taux d'humidité à la pose. Trop serré, l'eau et les feuilles restent. Trop large, ça devient dangereux pour les talons.

Le comparatif des quatre grandes familles

Pin autoclave classe 4 : l'entrée de gamme sérieuse

Du pin sylvestre ou maritime imprégné en autoclave d'un produit de préservation qui pénètre en profondeur. C'est le choix économique par excellence, et il est plus honnête qu'on ne le dit.

Ce qui est vrai : il grise vite (un à deux ans), la teinte verdâtre du traitement initial n'est pas très élégante les premiers mois, et le pin est un bois tendre qui marque plus facilement.

Ce qui est faux : qu'il ne dure pas. Un pin classe 4 correctement ventilé tient facilement 10 à 15 ans. Vérifiez simplement que le traitement est bien en classe 4 : la classe 3 ne convient pas pour un usage en contact permanent avec l'humidité.

Douglas et mélèze : le bon compromis

Deux résineux français naturellement durables, sans traitement chimique lourd. Le douglas pousse abondamment dans le Massif central et le Morvan, le mélèze dans les Alpes : les circuits sont courts et les prix raisonnables.

Leur durabilité naturelle vient du duramen (le cœur rougeâtre du bois). Point de vigilance : seul le duramen est durable, l'aubier ne l'est pas. Une lame de douglas qui présente une bande claire sur un bord contient de l'aubier et se dégradera plus vite. Exigez du « douglas purgé d'aubier » : c'est une mention qui figure ou non sur la fiche produit, et c'est elle qui fait la différence.

Le mélèze est légèrement plus dense et plus stable que le douglas, avec un beau veinage. Les deux grisent en deux à trois ans si on ne les entretient pas.

Bois exotiques : ipé, cumaru, padouk

Ce sont les bois les plus durables et les plus stables du marché. Très denses (l'ipé coule dans l'eau), ils ne se déforment quasiment pas, résistent aux insectes sans traitement et peuvent tenir 25 à 40 ans.

Trois réserves à connaître avant de signer :

  • Le prix : deux à quatre fois celui du douglas, fourniture seule.
  • La pose : ces bois sont si durs qu'il faut pré-percer chaque point de fixation. Le temps de pose augmente sensiblement, et cela se voit sur le devis.
  • L'origine : exigez impérativement une certification FSC ou PEFC. Sans elle, vous ne savez pas d'où vient le bois ni comment il a été exploité. Un fournisseur sérieux la fournit sans discuter.

Et non, l'exotique ne grise pas moins que les autres : il grise exactement pareil. L'ipé passe d'un brun chocolat à un gris argenté en deux ans s'il n'est pas saturé.

Bois composite : hors sujet, mais posons-le

Ce n'est pas du bois, c'est un mélange de fibres de bois et de polymère. Aucun entretien, pas de grisaillement, pas d'échardes. En contrepartie : il chauffe beaucoup au soleil (parfois inconfortable pieds nus en juillet), il se raye, il ne se ponce pas pour être rénové, et son aspect ne trompe personne de près. C'est un choix de commodité parfaitement défendable, mais ce n'est pas le même produit.

Le tableau de synthèse

EssenceDurée de vie*EntretienPrix relatifPour qui
Pin autoclave cl. 410 – 15 ansFacultatif€Budget serré, grande surface
Douglas purgé d'aubier15 – 20 ansFacultatif€€Le meilleur rapport durée/prix
Mélèze15 – 25 ansFacultatif€€Bel aspect, bonne stabilité
Ipé / cumaru25 – 40 ansFacultatif€€€€Investissement long terme
Composite20 – 25 ansAucun€€€Zéro entretien assumé

* Durées constatées avec une structure correctement ventilée. Mal ventilée, divisez par deux quelle que soit l'essence.

Griser ou entretenir : décidez maintenant, pas dans deux ans

Tous les bois extérieurs grisent sous l'effet des UV. C'est une réaction de surface qui ne touche que quelques dixièmes de millimètre et n'a aucune incidence sur la solidité. Beaucoup de clients découvrent ce grisaillement avec inquiétude au bout de deux ans en pensant que le bois s'abîme. Il ne s'abîme pas, il change de couleur.

Deux positions cohérentes : soit vous acceptez le gris argenté (et dans ce cas, autant en profiter pour choisir une essence économique, puisque l'aspect final sera similaire), soit vous tenez à la teinte chaude et vous passerez un saturateur tous les deux à trois ans sur les faces exposées.

Ce qui n'est pas cohérent, c'est de payer un bois exotique pour son brun chocolat et de ne jamais l'entretenir : au bout de trois ans, il ressemblera à du douglas grisé qui aurait coûté trois fois moins cher.

Et l'autorisation en mairie ?

Une terrasse de plain-pied, non couverte, à moins de 60 cm du sol naturel : aucune formalité en général. Au-delà de 20 m², ou dès qu'elle est surélevée ou couverte (pergola, toiture), une déclaration préalable de travaux devient nécessaire. En abords de monument historique, les seuils sont plus stricts et l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France s'ajoute.

Un projet de terrasse à Montalieu-Vercieu, Lagnieu ou Bourgoin-Jallieu ? Voir ma page pose de terrasse en bois, ou appelez-moi directement : je viens mesurer, je regarde le support et le drainage, et vous avez un devis détaillé sous 48 heures.

Bon à savoir

Questions fréquentes sur ce sujet

Non, jamais obligatoirement. Le traitement (saturateur ou dégriseur) est purement esthétique : il conserve la teinte chaude du bois. Si vous acceptez le grisaillement naturel, une terrasse correctement ventilée peut passer vingt ans sans le moindre produit. Le seul entretien réellement utile est le nettoyage annuel à la brosse pour retirer la mousse, parce que la mousse retient l'eau et rend la surface glissante.

Oui, c'est même l'un des supports les plus simples. La condition absolue est de ne jamais poser les lambourdes directement sur le béton : il faut des plots ou des cales qui créent une lame d'air d'au moins 2 cm et laissent l'eau s'évacuer. Une dalle qui ne présente pas de pente demande une attention particulière au cheminement de l'eau.

Avec une structure correctement ventilée : 10 à 15 ans pour du pin autoclave classe 4, 15 à 25 ans pour du douglas ou du mélèze, 25 à 40 ans pour un bois exotique dense. Mal ventilée, la même terrasse exotique peut être hors d'usage en huit ans. La structure compte davantage que l'essence : c'est le point que je répète à tous mes clients.

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